• Louise Bourgeois, The Welcoming Hands, Bronze, 1996 © The Easton Foundation / ADAGP, Paris 2016
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Calme-toi, Lison de Jean Frémon

Actualités - 11/03/2016 - Article : Corinne Crabos

Louise Bourgeois, une femme libre.         

Louise, Louise Bourgeois, la femme aux araignées mais pas que.. Louise Bourgeois, celle qui a pris à bras le corps, dessin, peinture et surtout sculpture. Celle qui a tordu, malaxé, fixé tous les matériaux. « La sculpture c’est la seule chose qui me libère, c’est une réalité tangible ».
Louise, « un phénomène »  dit Jean Frémon,  qui recrée sa voix pour nous faire entendre celle dont l’œuvre va polariser l’attention du plus grand nombre et l’intérêt des jeunes générations d’artistes.

Ce n’est pas une biographie ou un essai de critique d’art mais un petit texte imaginaire fait de moments de tension dans la vie et la création de Louise, dite Louison, dite LisonUn livre resserré, tendu, sensible, entre la maison de Choisy et la maison de Chelsea, entre Lison et Louise Bourgeois.

« Tisse ton monologue, ma fille, voilà ce que je me suis dit ». Jean Frémon reprend l’injonction de Louise Bourgeois et tisse à son tour le monologue intérieur de Lison.

C’est la fin de sa vie, Louise se parle… Se remémore…

La face intime de l’artiste se déploie, ses souvenirs, ses obsessions, ses névroses, ses récits de soi. Comment entre humeurs et humour, elle transformait son enfance, ses manques, ses jalousies, en œuvre d’art. Raconter son histoire pour Louise, c’était l’occasion de créer des formes. La forme de l’araignée, animal calme, qui protège, surveille, sera sa grande obsession. L’araignée-mère est le pivot central de ce récit, de cette fable.

Jean Frémon, qui fréquenta Louise pendant plus de trente ans, épouse sa manière. Il brode et tisse sur ce que l’on ne voit pas de l’artiste et donne à voir sa quête ininterrompue « du passé guillotiné par le présent ». Louise devient une fée couturière qui recrée le passé pour « s’en débarrasser » dit-elle. Louise, emportée par ses émotions, aimait se sermonner en disant « Calme-toi, Lison ». Jusqu’à son dernier souffle à Chelsea en 2010.

Jean Frémon, Calme-toi, Lison, Editions P.O.L, 128 pages, 2016

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