• Andy Goldsworthy , Sans titre, 1992, Pierre de granit sèche, 160 cm x 380 cm, deux boucles de 1500 cm et 1700 cm de diamètre Commande du Centre d’art (propriété du Ciap) en 1992
  • Koo Jeong A, OTRO, 2008-2012, Béton, métal, peinture phosphorescente
  • Koo Jeong A, OTRO, 2008-2012, Béton, métal, peinture phosphorescente
  • le lac du CIAP
  • Kimio Tsuchiya, Ever, 1990, Structure en acier, chaises en bois, 300 x 200 x 200 cm, Commande du Centre d’art (propriété du Ciap) en 1990.
  • Kimio Tsuchiya, Ever, 1990, Structure en acier, chaises en bois, 300 x 200 x 200 cm, Commande du Centre d’art (propriété du Ciap) en 1990.
  • le ciap — centre international d'art et du paysage
  • le phare du CIAP île de vassivière
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Carte postale du Centre international d’art et du paysage sur l’île de Vassivière

Destinations - 26/08/2016 - Article : Olivier Gabrys - Photos : Olivier Gabrys

En empruntant la longue passerelle qui mène à l’île de Vassivière, on laisse quelque chose derrière soi ; on s’allège. Espace de transition, déplacement vers la poésie, le sensible, vers un site préservé, remarquable, accessible de jour comme de nuit. La possibilité d’un détachement.

Je quitte, intrigué, le rivage.

Le Centre international d’art et du paysage s’est installé sur ce qui fut jadis une colline boisée, devenue île lorsqu’un barrage fut aménagé entre 1949 et 1951 à 650 mètres d’altitude en territoire limousin et que ses eaux ont recouvert une partie du paysage.

Arriver à Vassivière, c’est se confronter à une expérience nouvelle de l’horizontalité, tant les strates de couleurs étirent et prolongent le regard : alternance de bleu et de vert, de nuages, de forêts et d’eau.

Arriver au Centre d’art, c’est accepter de perdre un temps ses repères, se demander sans cesse, qu’est ce qui fait art, qu’est ce qui fait paysage, tant les éléments et les matériaux dialoguent et se complètent : l’eau, l’air, la terre et la pierre locale, le granit.

A l’image de l’œuvre Moulage de Roland Cognet (1994), qui, sous l’apparence de deux souches, posées devant le Centre d’art, associe dans une forme identique, le bois d’un séquoia et le ciment.

Il faut donc se laisser prendre au jeu, au jeu de la confusion, d’un trouble des sens, de la surprise.

Les plus anciennes pièces qui occupent ce territoire, dès 1983, lors d’un premier Symposium de granit en Limousin, côtoient, dans un vaste Bois de sculpture, les productions initiées par l’institution à partir de 1988 et ce, jusqu’à aujourd’hui. Une soixantaine d’œuvres à découvrir au hasard et détours d’une immersion dans la nature où chaque rencontre semble faire précisément sens, simultanément riche de signification et déclencheur de fortes stimulations physiques. A moi de construire librement le chemin de mes propres paysages et de confronter les grands moments de la sculpture contemporaine.

Autour du bâtiment inauguré en 1991, imaginé par les architectes Aldo Rossi et Xavier Fabre, dont la haute vigie permet d’embrasser du regard certaines œuvres et l’horizon, s’ouvrent de multiples itinéraires à travers prairies, ombrages et rivages.

Pour célébrer ses 25 ans, le Centre international d’art et de paysage propose, jusqu’au 6 novembre prochain, une exposition intitulée « Oublier l’architecture : 25 ans d’architecture à Vassivière ». L’occasion de juxtaposer des pièces historiques de deux architectes du bâtiment avec les productions de huit jeunes artistes plasticiens français. Et, pour le visiteur que je suis, de mêler formes, couleurs et textures, comme les longs velours suspendus d’Adélaïde Fériot.

Au dehors, là où la mousse grignote et s’installe au creux de pièces laissées à l’expérience du temps, Vassivière interroge la mémoire. Œuvres perdues, abîmées, oubliées : la nature semble par endroit reprendre ses droits sur ce que l’homme a façonné, décidé. Et suscite subtilement ma curiosité sur les propositions artistiques à venir, celles qui trouveront, à leur tour, leur place dans cet écrin de tranquillité.

Les œuvres se méritent. Il me faut prendre le temps, savoir, pour certaines, les dénicher ou se laisser appeler ou cueillir, comme m’a conquis, à son approche, par son sifflement discontinu, l’installation sonore de Dominique Petitgand, Je siffle au bord du quai (2011-2015). Mêlée au murmure de l’eau toute proche, au bruissement du vent dans les branches.

Je me dis finalement, à l’heure où le soleil décline et intensifie les contrastes de lumière, que c’est le rythme de ma marche qui fait l’œuvre et le paysage, déplaçant sans cesse mon regard au fil de ces décors changeants.

Un moment fort, un privilège.


Le Centre International d’Art et du Paysage
Île de Vassivière
87120 Beaumont-du-Lac
Te l : +33 05 55 69 27 27

ouvert est ouvert en juillet et août tous les jours de 11h à 19h, le reste de l’année de 14h à 18h (sauf le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier).

L’île de Vassivière se trouve à 60 km à l’est de Limoges, sur la commune de Beaumont-du-Lac.
Les 65 œuvres du bois de sculptures sont en accès libre et permanent.

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