Carte postale de Venise

Destinations - 27/01/2017 - Article : Barbara Fecchio - Vidéo : Barbara Fecchio

À chaque fois que l’occasion se présente, je replonge dans l’univers de Peggy et fais un saut en arrière, en m’imaginant vivre à Venise dans les années 1950. L’aura de Marguerite « Peggy » Guggenheim, sans doute l’une des plus célèbres collectionneuses d’art moderne au monde, est toujours présente dans l’une de ses résidences principales, le Palazzo Venier dei Leoni à Venise (Italie).

Je ne peux pas m’empêcher de la voir se promener sur la terrasse Marino Marini entourée de ses chiens, toujours des Lhassa Apso, sautillants autour de ses jambes embellies d’un jupon de lin noir, une paire de lunettes papillon et bien évidemment des boucles d’oreilles réalisées par Calder lui-même. Je la vois choisir un endroit pour s’assoir et regarder les mouvements du Canal Grande, ses allers-retours, infinis et éblouissants, puis rentrer et caresser son mobile, elle qui en a le droit. Nous, nous devons le toucher des yeux. Elle l’ajuste et s’arrête pour regarder le mouvement des formes que les rayons de lumière dessinent au sol et sur les murs en rencontrant les pétales de la sculpture.

Les œuvres de la collection n’habitent pas uniquement l’intérieur de la résidence. Dès l’entrée vous êtes accueillis par Stele for Millares (1972) d’Eduardo Chillida, don de Hannelore B. Schulhof, une autre grande collectionneuse américaine disparue en 2012, à la Fondation Guggenheim. Dans le jardin de sculptures Nasher, espace qui relie la résidence et les galeries des d’expositions temporaires, les sculptures font un pas en arrière vers les les bords du jardin, pour laisser la voie libre aux mouvement des visiteurs. Seule la sculpture en granite noir d’Anish Kapoor s’érige en plein milieu d’une partie plus clôturée du jardin.

Un second jardin, plus petit, accueille lui aussi des sculptures. Il s’agit du Schulhof Sculpture Garden, espace uniquement consacré aux œuvres de la Collection Hannelore B. et Rudolph B. Schulhof. C’est ici que j’ai vu la sculpture la plus émouvante, celle que j’ai « dû » toucher. Le dos de la Grande donna seduta [Sibilla], (1947) de Pericle Fazzini, n’attend rien d’autre que d’épouser une main pour trouver un moment de réconfort.

Il faisait très froid quand je me suis promenée dans ces jardins, il restait encore un peu de la neige tombée quelques jours auparavant. Quel spectacle ça a dû être de voir les sculptures disparaitre dans le silence froid de l’hiver…

Peggy Guggenheim Collection
Palazzo Venier dei Leoni
704 Dorsoduro, 30123 Venise
Horaires : 10h – 18h
Fermé le mardi et le 25 décembre.

Commentaires (0)

    Ajouter un commentaire