• huang yong ping, sérpent d'océan, 2012 Courtesy l'artiste, Le Voyage à Nantes et kamel mennour, Paris © ADAGP. photo © Gino Maccarinelli
  • JL Courcoult , La maison dans la loire, 2012. photo © Gino Maccarinelli
  • ange leccia, nymphéa, 2007 © ADAGP, Paris 2016 photo © Gino Maccarinelli
  • jimmie durham, serpentine rouge, 2009, plastique pvc photo © Gino Maccarinelli
pause 1/5 Photos

Estuaire Nantes < > Saint-Nazaire. Une collection à ciel ouvert

Destinations - 25/05/2016 - Article : Barbara Fecchio

Depuis 2007, l’estuaire de la Loire ne cesse de se transformer. Mieux, il est devenu un musée à ciel ouvert que l’on peut visiter toute l’année. Soixante kilomètres séparent la ville de Saint-Nazaire, à l’embouchure de la Loire, et la ville de Nantes : un territoire complexe, en train de devenir la future Métropole, qui a été investi à trois reprises (2007/2009/2012) par des artistes nationaux et internationaux, afin de créer des œuvres in situ tout le long des douze communes qui touchent l’estuaire. Sous la direction artistique de Jean Blaise, le projet est constitué aujourd’hui de 30 œuvres permanentes à ciel ouvert qui jalonnent le fleuve : une ballade en pleine nature que nous vous invitons à parcourir avec nous depuis l’embouchure de l’estuaire en remontant jusqu’à Nantes.

Saint-Brevin-les-Pins
Pointe de Mindin
SERPENT D’OCÉAN
Huang Yong Ping

C’est à Saint-Brévin-les-Pins, et plus précisément à la Pointe de Mindin, limite où l’estuaire de la Loire rejoint l’océan Atlantique, que surgit le Serpent d’océan de l’artiste chinois Huang Yong Ping (invité d’honneur de Monumenta 2016).  Depuis 2012, cet immense squelette en aluminium de 128 mètres de long, comptant 284 côtes et s’élevant jusqu’à 3 mètres de haut, est positionné aux limites exactes de l’estran, à la frontière entre espace fluvial et espace maritime. Huang Yong Ping fait échouer ici son Serpent d’océan, dans un espace de frontière, de connections et mélange de cultures. Il nous interroge, comme il fait d’habitude, sur des questions identitaires liées au territoire, aux flux migratoires et aux chocs de cultures, sujets toujours d’actualité.  L’ « animal » est parfaitement intégré au site qui l’accueille : le mouvement des marées lui donne vie, un perpétuel va-et-vient qui, par moment, ne laisse apparaître que la tête et la queue de la bête. La courbe de son corps fait écho au pont de Saint-Nazaire que l’on aperçoit depuis la plage, et rappelle aussi les fameux carrelets, pêcheries typiques de la côte atlantique.

Sur l’estuaire / Couëron
LA MAISON DANS LA LOIRE
Jean-Luc Courcoult

« Une maison dont les fondations capturées par la vase penchent légèrement (…). Elle semble aussi solitaire que nous le sommes de temps à autre dans la nature. Image réaliste et poétique, concrète, secrète, silencieuse, cette maison endormie sur la Loire pourrait être un tableau, une peinture en trois dimensions déposée dans le temps. Immobile.» Jean-Luc Courcoult
La Maison dans la Loire est le double architectural de l’ancienne auberge de Lavau-sur-Loire située sur le port. Lavau a toujours hanté l’imaginaire de Jean-Luc Courcoult puisque le village retrouve la Loire à ses pieds à chaque forte marée. Livrée à l’imagination et à la rêverie, cette maison encrée dans la vase, prend toujours un aspect différent et parfois laisse apparaître une petite lumière à la nuit tombée.

Saint-Jean-de-Boiseau
DID I MISS SOMETHING ?
Jeppe Hein

Quittons les coteaux de la Loire pour une halte dans le parc du château du Pé à Saint-Jean-de-Boiseau, commune située au sud-ouest du territoire de la Métropole de Nantes. Le parc, un espace boisé de 7 hectares, entièrement restauré, est un lieu de promenade pour les habitants du secteur. C’est ici que Jeppe Hein a installé Did I Miss Something ?, un jet d’eau de 20 mètres de haut qui jaillit depuis un des bassins du parc. Rien ne prévient les visiteurs de l’événement extraordinaire qui va se produire. D’ailleurs, quel événement pourrait venir bousculer le calme d’une tranquille promenade dans le parc? La rencontre avec les œuvres de Jeppe Hein est souvent amusante et active. Dans ce cas particulier, c’est un banc, une invitation à la contemplation et à la rêverie, qui devient un piège « bon enfant » pour surprendre le flâneur qui, en s’asseyant, va déclencher, involontairement, le geyser de 20 mètres. Sûrement un hommage de l’artiste à la force vive de la Nature malgré le calme apparent du paysage de l’estuaire, mais aussi la célébration d’un moment, à la rencontre entre l’art, l’homme et la nature.

Sur l’estuaire / Indre
SERPENTINE ROUGE
Jimmie Durham

Indre : ville synonyme de la richesse industrielle de l’estuaire, marquée par la présence de grandes entreprises mais aussi promenade aux belles maisons bourgeoises sur les quais. Ici, Jimmie Durham installe Serpentine rouge, un tuyau rouge de 40 mètres qui surgit depuis la Loire sur le ponton et qui évoque inévitablement un serpent, le deuxième de notre promenade. Mais cette fois-ci, sa posture et sa forme ont une attitude différente du Serpent d’océan. Ici la bête est face à la Loire, la gueule ouverte, le corps érigé sur lui même assumant une position de garde ou, si l’on veut, d’attaque. Et sa queue, où est-elle? On l’imagine loin, très loin d’Indre, au-dessous du lit du fleuve. Jimmie Durham joue souvent avec des objets communs et les met en scène en leur donnant un halo de mystère, en laissant notre imagination vagabonder…

À Nantes / Canal Saint-Félix
NYMPHÉA
Ange Leccia

À la tombée de la nuit, à Nantes, sur le Canal Saint-Félix, l’œuvre d’Ange Leccia s’active et devient visible. Nymphéa moderne, le visage de Laetitia Casta, apparaît sur la surface du canal et fluctue dans ses eaux sombres. La projection de son visage nous regarde, contrainte par les bords du canal, et respire à peine, accompagnée par le mouvement berceur de l’eau du canal. Qu’Ange Leccia vienne du monde de la peinture est une évidence : cette installation vidéo est un clin d’œil à Monet et à Giverny, d’un point de vue contemporain et urbain.

Bécassines, cigognes, canards, passereaux, balbuzards, lamproies, anguilles, mulets : heureux sont ceux qui ont la liberté d’en profiter quand ça leur chante.

Le Voyage à Nantes
BP 92 211
44022 Nantes, Cedex 1
France
T. 02 40 75 75 07
estuaire.info
Le parcours

 

Commentaires (0)

    Ajouter un commentaire