• Evariste Richer, La Palette du Diable, 2012, Collection Frac Aquitaine © Evariste Richer. photo : Jean-Christophe Garcia
  • Laurent LE DEUNFF Foyer, 2008 Collection Frac Aquitaine © Laurent Le Deunff Photo : Jean-Christophe Garcia
  • Hamish FULTON, Buzzing Fly, 1981 Collection Frac Aquitaine © Hamish Fulton Photo : Frédéric Delpech
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La mémoire des sols sur le sol d’Abbadia


Actualités - 22/04/2016 - Article : Corinne Crabos

La maison de la corniche, Asportotsttipi, sur le domaine d’Abaddia à Hendaye, accueille jusqu’au 26 juin 2016, l’exposition La mémoire des sols. Une collaboration bienvenue entre le CPIE Littoral Basque fort de la résidence d’artistes Nekatoenea et le Frac Aquitaine, pour les œuvres issues de sa collection.

Les œuvres de Dove Allouche, Arnaud Class, Hamish Fulton, Laurent Le Deunff, Richard Long, Christine Morel, Dennis Oppenheim, Evariste Richer font écho au site naturel de la corniche et aux pratiques scientifiques du lieu. Elles interrogent le rapport au temps à travers la mémoire des sols, les traces dans le paysage.

L’installation de Laurent Le Deunff, Foyer, seule œuvre non photographique, nous ramène au monde des origines, par la grâce d’un cercle qui convoque la pratique archéologique. Objets sculptés et objets trouvés dans la nature se côtoient. Au travers de cet inventaire énigmatique se pose la question de la trace du réel et de sa reproduction.

La trace, l’empreinte laissée dans le paysage et la nature par l’action de l’homme se déclinent de manières différentes. Dans Avongorge, Richard Long, de façon modeste, montre le dessin laissé par l’eau que l’on projette sur une paroi rocheuse. Dennis Oppenheim utilise le paysage comme un support sur lequel il inscrit des marques éphémères.

La promenade, la marche, est un mode d’expression pour l’artiste dont le matériau est la nature. Et l’œuvre sera la mémoire, la trace de ce paysage parcouru. Hamish Fulton avec Buzzing Fly associe photo et texte par un montage qui condense la mémoire d’une marche en Bolivie. Richard Long rend compte d’une marche de deux jours dans A 2 ½ Day Circular Walk in the Scottish Highlands, Clockwise 1979. Parcours circulaire fait d’une série de mots qui disent le cheminement : animaux, conditions météorologiques, pierre, etc. Ici, la trace est le texte.

La trace, la mémoire se trouve aussi dans le matériau de la nature lui-même et pour cela convoque les recherches scientifiques comme la géologie, l’astronomie, etc. Evariste Richer nous tend sa Palette du diable, gros plan de coupe d’une météorite. Dove Allouche, dans Pétrographie_9, utilise les sciences de la terre pour réaliser cette photo à partir d’une lame mince de stalagmite. Ces deux œuvres permettent une relecture du temps et du lieu et des règles qui régissent notre monde. Le matériau peut être aussi botanique pour Arnaud Claass qui dans Série Paysages miniatures montre dans ses petits formats la complexité, la variété du monde végétal.

Et bien sûr, la trace de la figure humaine est donnée à voir dans la photographie de Christine Morel, Sans titre. Une mince silhouette féminine se découpe dans une vaste cavité rocheuse où la puissance de la matière renforce l’immobilité de la figure.

Tous ces artistes s’emparent de la nature dans tous ses états pour la comprendre, la réinterpréter, questionner la relation que l’homme entretient avec elle et élargir l’imagination du spectateur : pari réussi.

La mémoire des sols
du 1er avril au 26 juin 2016
Asportotsttipi
Maison de la corniche
Route de la corniche
64700 Hendaye

Ouvert du 1er avril au 31 mai
Du mardi au samedi
10h – 12h & 14h30 – 18h30
(fermé dimanches, lundis et fériés)
Entrée libre
www.cpie-littoral-basque.eu

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