• entrée principale du jardin japonais, photo : Dean Van Dis
  • perspective du jardin japonais depuis le sommet de la colline, photo : Dean Van Dis
  • pont voûté, photo : William J. Hebert
  • anish kapoor, untitled, 2010, granite. photo : Pete McDaniel © ADAGP, Paris 2016
  • david nash, Sabre Larch Hill, 2013, larch trees. photo : Dean Van Dis © ADAGP, Paris 2016
  • giuseppe penone,it will Continue to Grow Except at that Point, 2004-2010, bronze. photo : Dean Van Dis © ADAGP, Paris, 2016
  • Masayuki Koorida, Existence, 2012. Granite, 5 éléments – dimensions variables. Frederik Meijer Gardens & Sculpture Park, Grand Rapids, Michigan. © Masayuki Koorida. photo : Dean Van Dis
  • jenny holzer, for the garden, 2015. photo : Chuck Heiney © Jenny Holzer / ADAGP, Paris, 2016
  • chemin, photo : Dean Van Dis
  • Zhang Huan, long island buddha, 2010-2012, bronze. photo : Pete McDaniel
  • porte d'entrée du salon de thé, photo : Dean Van Dis
  • vue du salon de thé depuis le pont, photo : Dean Van Dis
  • pont en zig-zag, photo : Dean Van Dis
  • jardin zen, photo : Dean Van Dis
  • plan du jardin et parc de sculptures frederik meijer, en couleur le jardin japonais. courtesy Frederik Meijer Gardens & Sculpture Park
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Un nouvel espace pour le Jardin et parc de sculptures Frederik Meijer : le jardin japonais Richard & Helen DeVos.

Destinations - 21/06/2016 - Article : Barbara Fecchio

L’histoire du Jardin et parc de sculptures Frederik Meijer (West Michigan, États-Unis) commence bien avant son ouverture en avril 1995. Avant cette date, le West Michigan Horticultural Society (Société des horticulteurs du Michigan de l’Ouest) avait passé treize ans à la recherche de financements et de supports logistiques pour pouvoir donner vie à ce projet. C’est grâce à la rencontre avec Fred et Lena Meijer, en 1990, que le projet arrive à évoluer et à se concrétiser, jusqu’à devenir ce que nous connaissons aujourd’hui : 64 hectares comprenant la plus grande serre tropicale des États-Unis; cinq jardins thématiques d’intérieur; plusieurs jardins à l’extérieurs; une bibliothèque; un café et de nombreuses structures pour accueillir le public ainsi que des chercheurs et étudiants. Une collection de sculptures, composée d’environ 300 œuvres, parmi lesquelles figurent des artistes comme Auguste Rodin, Edgar Degas, Henry Moore, Alexander Calder, Louise Bourgeois et Richard Serra, est chaque année mise en dialogue avec trois expositions temporaires, présentées autant dans les galeries qu’en plein air. En 2015 le Jardin et parc de sculptures Frederik Meijer a célébré ses 20 ans d’activité, et pour ce faire il ouvre les portes d’un nouveau projet : le jardin japonais.

À l’occasion de la conférence de presse de 2012, David Hooker (Directeur général du Jardin et parc de sculptures Frederik Meijer) annonçait le début des travaux, confiés au paysagiste japonais Hoichi Kurisu, qui précise : « Un des principes fondateurs du jardin japonais depuis le début de leur histoire, qui date du VIIIe siècle, est la communion entre l’homme et la nature, être une seule chose avec elle. Le jardin doit nous rapprocher, nous unir avec la nature et avec nous-mêmes : c’est le principe qu’il faut respecter. Laisser tomber son ego, l’orgueil, les mauvais sentiments et se réunir avec soi-même. Un jardin japonais fait aussi cela. »1

Dans le jardin, rien n’est laissé au hasard. Tout est méticuleusement calculé : les formes, la position des éléments, les sons et les couleurs, l’emplacement des sculptures et des constructions qui ponctuent le chemin des visiteurs… Même les 4 000 blocs de roche sont placés au sol selon un dessin bien défini. Hoichi Kurisu a créé des espaces structurés, voués à accompagner le visiteur dans son chemin d’introspection et de dialogue avec soi-même, en communion avec la nature. Les espaces plus intimes sont alors relevés par des vues panoramique, les parties plus travaillées alternent avec des parties plus sauvages, les espaces faisant appel à l’eau interagissent avec la verdure qui est autour : tout semble trouver un équilibre toujours en évolution, en mouvement.
L’élément sonore a été extrêmement soigné : le son le plus présent et puissant étant celui d’une cascade d’eau, en opposition à l’étang, beaucoup plus calme et reposant.
Ces ambiances toujours complémentaires sont reliées les unes aux autres par un parcours qui n’est jamais droit, jamais rapide. Des courbes, des ralentissements, des spirales, des ponts en zigzag suivent celui qui se promène en l’éloignant de son rythme de vie quotidien souvent frénétique et très structuré. Dessiné à l’aide d’un pinceau de calligraphie, ce jardin et ses chemins permettent à l’homme de communiquer et de rêver.

Mais d’autres éléments rentrent aussi en jeu. Des structures dédiées au dialogue avec les autres, comme le salon de thé, le jardin zen ou le jardin de bonsaï et un ensemble de sculptures d’artistes contemporains que l’on retrouve de temps à autre dans le jardin. Si parfois ces éléments peuvent avoir des dimensions assez imposantes, ils ne sont jamais mis en avant par rapport à la végétation qui les entoure. Concernant les sculptures, le visiteur est parfois contraint de les rechercher attentivement, tant elles fusionnent avec la nature. Comme l’intervention de Jenny Holzer, For the Garden (2015) : dans ce cas particulier, l’artiste a transcrit des fragments de poésie japonaise sur des grands rochers.

Joseph Becherer, vice-président et conservateur en chef du département de sculpture, explique qu’intégrer horticulture et sculptures contemporaines fait partie des multiples missions du parc.  David Nash, Ai WeiWei, Giuseppe Penone, Zhang Huan, Masayuki Koorida, George Rickey et Jenny Holzer : ces artistes ont été choisis car leur travail semblait pouvoir résonner avec les principes du jardin japonais et les missions plus globales du parc. Leurs sculptures permettent de continuer le dialogue que la nature instaure avec le visiteur – et vice versa – pour l’amener encore plus loin.

Les sculptures de l’artiste japonais Masayuki Koorida s’intègrent parfaitement à la philosophie du jardin. Cinq blocs de granite de plusieurs dimensions s’érigent sur une pelouse au bords de l’étang. Des blocs avec une base relativement brute mais un sommet lisse, caressé par la main de l’homme, chuchotent à l’oreille de la nature qui les accueille : nous retrouvons à nouveau les courbes, lisses et sinueuses des chemins, ainsi que l’acceptation de son contraire, l’imperfection et la rugosité de la pierre, soumise aux conditions naturelles.
Sabre Larch Hill (2013) de David Nash est une autre installation qui fait écho à la volonté de maintenir ce jardin en constante évolution. L’artiste a planté plusieurs douzaines de jeunes mélèzes sur le flanc ouest d’une colline, avec une inclinaison de 45 degrés, empruntant un vocabulaire très primitif qui va évoluer au fur et à mesure que les années passent, et qui ne pourra jamais se dire « terminée ».

Ce qui me semble être extraordinaire, en regardant ce jardin de très loin, avec une longue vue, c’est la conversation, les mouvements et les dynamiques engagées subtilement par le mariage entre la nature, l’art et l’homme. Une respiration profonde, remède des maux de l’homme contemporain.

Jardin et parc de sculptures Frederik Meijer
1000 E Beltline Ave NE
Grand Rapids, MI 49525
États-Unis

Dimanche : 11h – 17h
Lundi : 9h – 17h
Mardi : 9h – 21h
Mercredi – Samedi : 9h – 17h

1 Source : https://www.youtube.com/watch?v=bwLZ_rlz8n4
2 Revue mensuelle Sculpture, Juin 2016, vol. 35 n. 5, pp. 20-21

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