• Martin Puryear, Big Bling, 2016. BOIS TRAITÉ ET LAMINÉ, CONTREPLAQUÉ, FIBRE DE VERRE, FEUILLES D'OR, 40 x 10 x 38 ft. Collection de l'artiste, courtesy Matthew Marks Gallery © Martin Puryear. Photo: Rashmi Gill
  • Martin Puryear, Maquette for Big Bling, 2014. contreplaqué en bouleau, érable, feuille d'or 22 carat, 40 1/4 x 9 1/8 x 40 in. (maquette). Collection de l'artiste © Martin Puryear. Photo de Jamie Stukenberg, Professional Graphics
  • Martin Puryear, Fabrication de Big Bling, 2016. BOIS TRAITÉ ET LAMINÉ, CONTREPLAQUÉ, FIBRE DE VERRE, FEUILLES D'OR, 40 x 10 x 38 ft. Collection de l'artiste, courtesy Matthew Marks Gallery © Martin Puryear. Photo: Yasunori Matsui
  • Martin Puryear, Big Bling, 2016. BOIS TRAITÉ ET LAMINÉ, CONTREPLAQUÉ, FIBRE DE VERRE, FEUILLES D'OR, 40 x 10 x 38 ft. Collection de l'artiste, courtesy Matthew Marks Gallery © Martin Puryear. Photo: Yasunori Matsui
  • Martin Puryear, Big Bling, 2016.BOIS TRAITÉ ET LAMINÉ, CONTREPLAQUÉ, FIBRE DE VERRE, FEUILLES D'OR, 40 x 10 x 38 ft. Collection de l'artiste, courtesy Matthew Marks Gallery © Martin Puryear. Photo: Yasunori Matsui
  • Martin Puryear, Big Bling, 2016. BOIS TRAITÉ ET LAMINÉ, CONTREPLAQUÉ, FIBRE DE VERRE, FEUILLES D'OR, 40 x 10 x 38 ft. Collection de l'artiste, courtesy Matthew Marks Gallery. © Martin Puryear. Photo: Yasunori Matsui
  • Martin Puryear, Big Bling, 2016. BOIS TRAITÉ ET LAMINÉ, CONTREPLAQUÉ, FIBRE DE VERRE, FEUILLES D'OR, 40 x 10 x 38 ft. Collection of the artist, courtesy of Matthew Marks Gallery © Martin Puryear. Photo: Yasunori Matsui
  • Martin Puryear, Big Bling, 2016.BOIS TRAITÉ ET LAMINÉ, CONTREPLAQUÉ, FIBRE DE VERRE, FEUILLES D'OR, 40 x 10 x 38 ft. Collection of the artist, courtesy of Matthew Marks Gallery © Martin Puryear. Photo: Yasunori Matsui
  • Martin Puryear, Big Bling, 2016. BOIS TRAITÉ ET LAMINÉ, CONTREPLAQUÉ, FIBRE DE VERRE, FEUILLES D'OR, 40 x 10 x 38 ft. Collection de l'artiste, courtesy Matthew Marks Gallery © Martin Puryear. Photo: Yasunori Matsui
  • Martin Puryear, Big Bling, 2016. BOIS TRAITÉ ET LAMINÉ, CONTREPLAQUÉ, FIBRE DE VERRE, FEUILLES D'OR, 40 x 10 x 38 ft. Collection de l'artiste, courtesy Matthew Marks Gallery © Martin Puryear. Photo: Yasunori Matsui
  • Martin Puryear, Big Bling, 2016. BOIS TRAITÉ ET LAMINÉ, CONTREPLAQUÉ, FIBRE DE VERRE, FEUILLES D'OR, 40 x 10 x 38 ft. Collection de l'artiste, courtesy Matthew Marks Gallery © Martin Puryear. photo : aniko erdosi
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Big Bling de Martin Puryear au Madison Square Park, New York

Actualités - 20/05/2016 - Article : Aniko Erdosi

A partir du 16 mai et jusqu’au début 2017, le Madison Square Park ouvrira les portes de sa 33ème exposition d’art public. Depuis quelques années, travaillant à proximité, je fréquente souvent le parc et sait que ceux qui, comme moi, sont des habitués attendent avec impatience, le printemps venu, l’arrivée d’une nouvelle installation. A la belle saison, le parc et la nature s’éveillent et émergent doucement de leur long sommeil hivernal. D’abord avec les arbres et les fleurs, puis avec l’installation de la nouvelle œuvre sélectionnée chaque année pour l’exposition. Cette année, il s’agit d’une sculpture monumentale du sculpteur américain Martin Puryear, dont le travail a fait l’objet, l’automne dernier, d’une exposition intitulée Multiple Dimensions à la Morgan Library and Museum où étaient exposées ses œuvres sur papier et quelques-unes de ses maquettes de sculptures publiques. L’une de ces maquettes annonçait déjà le langage formel de Big Bling

On reconnaît la signature de l’artiste à la forme à la fois abstraite et biomorphique de cette sculpture monumentale. Par sa taille, en revanche, l’artiste surpasse tout ce qu’il a pu créer dans le passé, y compris les nombreuses œuvres d’art public qui lui ont été commandées en Europe, Asie, ou aux Etats-Unis. Haute de 12 mètres, l’œuvre dialogue avec l’architecture environnante riche de bâtiments historiques tels que le Flatiron Building ou le gratte-ciel de la Metropolitan Insurance Company, tous deux construits au début du 20ème siècle. La structure de la sculpture de Puryear est en bois (là encore un de ses traits distinctifs), couverte d’un grillage métallique et surmontée d’une manille dorée. De par son architecture, ses matériaux et sa forme, l’œuvre suggère des significations opposées sans jamais en privilégier une seule et tout en gardant tout son mystère.

Alors que la structure de bois ajourée invite le regard du spectateur à pénétrer dans l’œuvre et crée une sensation de légèreté et presque de mouvement, le grillage métallique en interdit l’accès et rend l’œuvre plus statique, ancrée, et comme scellée. Entre sa structure ouverte et sa forme relativement close – à l’exception de l’ouverture amiboïde en son centre – l’œuvre constitue un espace où les notions de limitation et de liberté s’entremêlent. Le spectateur est invité tout en étant exclu, cantonné à l’extérieur. Dans le langage artistique de Puryear, ce jeu métaphorique entre inclusion et exclusion vient de références historiques et personnelles qui restent allusives. Défiant toute approche ou interprétation purement intellectuelles, Big Bling nous guide vers un mode de perception plus méditatif et introspectif. Ce langage viscéral est tout à fait propre à l’artiste. Ses sculptures nous invitent souvent à une interprétation plus primale qui ne relève pas tant des mots ou du sens concret mais plutôt de nos instincts, d’associations libres et d’expériences intimes.

Elément culminant de la sculpture, la manille dorée ne fait que renforcer ce jeu de significations et de sensations contradictoires. Alors qu’à première vue l’œuvre ressemble à une innocente créature assise dans le parc comme un gigantesque lapin près à faire quelques bonds, le grillage qui recouvre intégralement la structure de la sculpture et la forme immédiatement identifiable de la manille suggèrent quelque chose de bien plus sombre et pesant. Les grillages et les cadenas sont synonymes d’une liberté de mouvement ou d’expression entravées, inaccessibles. Ou peut-être l’œuvre nous cache-t-elle quelque chose, tel un cheval de Troie surgissant au cœur de la ville pendant la nuit ? Le spectateur se voit refuser l’accès, et peut donc se sentir rejeté, cependant que l’œuvre – ou la créature – semble être elle-même enserrée. Et pourtant, le titre de la sculpture suggère bien plus de légèreté et nous ramène sur le terrain plus rassurant de la vie urbaine de tous les jours. Le terme «bling» appartient à la culture rap des années 90 et fait référence aux bijoux et accessoires clinquants qui doivent leur nom au bruit qu’ils font lorsqu’ils sont portés. En langage de la rue, le terme est également synonyme d’exubérance, de mauvais goût et de futilité.

Toutes ces notions si divergentes associées à l’envergure de la sculpture créent une expérience puissante sur laquelle les visiteurs pourront méditer tout en flânant parmi les arbres. Depuis 12 ans, au même titre que les chiens et les écureuils qui aiment à se pourchasser inlassablement à travers les pelouses du parc, les sculptures publiques font partie intégrante du paysage. Que l’on s’asseye sur un des bancs du parc pour se plonger dans nos propres pensées à l’heure du déjeuner, que l’on s’y promène régulièrement ou que seul le hasard nous y amène, la sculpture, si elle nous interroge et nous incite à la curiosité, sait garder ses secrets. Sa signification même reste sous scellé.

Martin Puryear, Big Bling
Madison Square Park
Du 16 mai 2016 au 8 janvier 2017

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